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Philippe Geluck
7 mai 1954 : La presse belge en émoi annonce au public la naissance de Philippe. Avec son frère Jean-Christophe, il grandit au sein d’une famille amoureuse des arts : son père est dessinateur et sa mère possède une superbe voix de soprano.
 
1971, De Groot publie les premiers dessins humoristiques du jeune Geluck en novembre.
 
En 1972, Philippe Geluck participe à une exposition thématique au Palais des Beaux Arts de Bruxelles : La Vénus de Milo ou les dangers de la célébrité. Ses œuvres côtoient celles de Man Ray, Ronald Searle et Dali. C’est aussi l’année ou Philippe Geluck est reçu à l’INSAS (Institut National Supérieur des Arts du Spectacle). Sensibles au climat angoissant et cruel de ses aquarelles, Yannick et Margot Bruynhoge, de la Galerie Maya, l’invitent à participer à plusieurs expositions collectives (Encrayonnement 2 et 3), puis programment une expo personnelle en juin 1974.
 
En sortant de l’INSAS, un ami lui demande de lui donner la réplique pour une audition au Théâtre National. À l’issue de la scène, c’est à Geluck que Jacques Huisman propose un engagement pour la saison suivante. Il jouera cent fois le rôle écrasant de Werther (Edgar Wibeau) dans Werther 75 de Ulrich Plenzdorf.
 
1976 : Avec Christian Baggen, Alain Lahaye, Margarete Jennes et Stéphane Verrue, il crée le Théâtre Hypocrite. Gros succès à Bruxelles, Liège, Spa, Lausanne et Paris.
 
En 1977, au Théâtre National, il joue Mackie dans l’Opéra de Quat’Sous de Brecht, mis en scène par Henri Ronse. En octobre de cette année-là, il fait ses débuts à la télévision belge (RTBF) dans 1,2,3, J’ai vu.
 
En 1978, Philippe Geluck est sollicité par la productrice Pauline Hubert pour animer Electronix chaque mercredi. L’année suivante, ce programme devient Lollipop. Le concept a changé. Le ton est plus décalé, plus absurde, plus humoristique. C’est la rencontre Geluck-Chaboud ou Geluck-Malvira. Dès la rentrée, Lollipop devient quotidienne et le duo commence à dynamiter la télévision
1979 : Exposition personnelle de dessins et d’aquarelles au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.
 
Au début des années ‘80, Geluck se consacre à la fois au dessin et au théâtre. Sur scène, on le voit notamment dans Roméo et Juliette, Faust de Marlowe, Léopold II d’Hugo Claus, l’École des Bouffons de Ghelderode... et quelques téléfilms (Jackson ou le Mnémocide, Le Scoop...). Au Théâtre de Poche, il joue Bent pour Derek Goldby, pièce terrible sur la déportation des homosexuels dans l’Allemagne nazie. Pour la saison suivante, Roger Domani, directeur du Poche lui commande l’affiche d’Un certain Plume de Michaux, avant de lui proposer le rôle, dans la mise en scène d’Andrej Burzinsky. Ce sera un triomphe, plusieurs fois repris en Belgique mais aussi à l’étranger.
 
Le 22 mars 1983, naissance du Chat. À la demande du journaliste Luc Honorez, Le Chat apparaît pour la première fois dans les pages du journal Le Soir. Très vite, il devient la mascotte du journal.
 
À la RTBF, pour la saison '84-'85, une nouvelle émission est mise sur pied (co-produite en 1986 par FR3 et TSR) : L’Esprit de famille. Grande émission de prime-time du dimanche soir, L’Esprit de famille bat tous les records d’audience de la case. Philippe décide d’arrêter au terme de la troisième saison.
 
En 1985, Philippe Geluck tourne dans Benvenuta, pour André Delvaux, une scène qui ne se trouve pas dans le roman de Suzanne Lilar : Fanny Ardant songe à son père (Philippe Geluck) qui vient s’asseoir en face d’elle, tel qu’il était dans son souvenir.
Le rédacteur en chef du magazine de bande dessinée (À SUIVRE), Jean-Paul Mougin, lui commande cinq pages du Chat. Lorsque le dessinateur lui apporte ses planches, Mougin lui dit qu’il les trouve très bien, mais qu’il faut les mettre en couleur. Geluck demande à Françoise Procureur de colorier le Chat. Parution aux côtés de Schuiten, Pratt, Manara... Émotion.
 
En octobre 1986, le premier album du Chat  paraît aux éditions Casterman. Le succès est immédiat en Belgique (trois ruptures de stock successives), plus confidentiel en France.
En 1987, Geluck rejoint Mercier, Moulin, Jespers et Hautier en radio dans La Semaine infernale suivi du Jeu des dictionnaires, qui le mobiliseront jusqu’en février 2009. Il y brise tous les tabous qui existaient encore à la radio belge francophone. Il crée le Docteur G et écrit des centaines de textes (dont certains sont repris dans ses Encyclopédies universelles  ). Le Jeu des dictionnaires devient télévisuel et est diffusé sur TV5. Un nouveau projet avec la même équipe voit le jour en télé : L’Empire des médias.
En 1990, Geluck demande au dessinateur Serge Dehaes  de devenir son coloriste. Leur collaboration dure toujours.
Sortie du premier livre du Docteur G, Le Docteur G répond à vos questions  , accompagné d’une compilation de textes enregistrés.
En télévision, Geluck marque des points. L’émission Un peu de tout, délire au non-sens déjanté, bat des records d’audience en 1991 et remporte le prix de l'émission la plus drôle à la Rose d'Or de Montreux.
 
En 1992, Isabelle Motrot invite le Docteur G à la rejoindre dans son émission Audimatraquages, tout l’été sur France Inter.
1995 : Le Chat est invité à paraître tous les jours sur la dernière page d’Info Matin. Laurent Ruquier devient chroniqueur à Info Matin sur la même page que le Chat qui l’amuse. À la mort du journal, il invite Geluck à ses P’tits Déj sur France Inter. Très vite, Philippe est invité à faire partie des habitués tout en continuant la RTBF et le Chat. Il participe ensuite à Changements de direction et Dans tous les sens, toujours sur France Inter et toujours chez Laurent Ruquier.
 
1997 : Parution du 7ème tome des élucubrations félines : Le Chat à Malibu . Laurent Ruquier l’invite dans son émission pour la sortie de l’album : le même jour, les FNAC françaises sont en rupture de stock.
 
1998 : Serge Dehaes propose à Geluck de réfléchir ensemble à une série pour enfants dont le héros serait le fils du Chat, déjà apparu plusieurs fois dans les dessins du papa. Les deux hommes réalisent un album à quatre mains : Le Portrait de papa  , 1er tome de la série Le Fils du Chat , sera suivi de huit autres titres.
 
Saison 1998-1999 : Après 12 ans de bons et loyaux services, Geluck annonce à son ami Jacques Mercier qu’il a décidé d’arrêter sa participation à La Semaine infernale et au Jeu des dictionnaires. Il ne garde qu’une seule présence hebdomadaire chez Laurent Ruquier. Il veut se consacrer au dessin, promouvoir le Chat en France et goûter une vie calme. Et aussi réfléchir à un retour sur les planches dans un « seul en scène ».
 
Juin 1999 : Laurent Ruquier quitte France Inter. Juillet 1999 : Vacances tranquilles en Toscane, sans projets. Le téléphone sonne. C’est France Inter qui lui propose de continuer sans Ruquier. Refus poli. Le lendemain, coup de fil de Ruquier : il l’invite à le rejoindre sur Europe 1 dans On va s’gêner. Geluck accepte avec enthousiasme. Lendemain, même heure, Michel Drucker téléphone : « J’ai un projet pour le dimanche soir avec Miller et Masure ». Geluck dit encore oui.
 
Entre 1999 et 2006, Philippe Geluck ne réussit pas vraiment à ralentir le rythme : chaque semaine, il livre des dessins aux journaux Le Soir, VSD, Ouest-France Dimanche et L’Illustré ; il enregistre pour France 2 Vivement Dimanche Prochain (avec Michel Drucker) et On va s’gêner sur Europe 1, puis (à partir de 2000) On a tout essayé (avec Laurent Ruquier). En parallèle, il dessine des campagnes publicitaires pour MMA, continue à publier albums et sérigraphies. Il assume également le rôle de directeur de la collection C’est pour offrir chez Casterman.
 
Le 23 mars 2003 paraît un numéro spécial du journal Le Soir, pour les 20 ans du Chat, sans une seule photo. L'édition est entièrement dessinée par Geluck et les publicités par des amis dessinateurs (Siné, Schuiten , Goffin , Loustal, Dehaes  ...). Geluck réalise pour cette édition 80 dessins inédits.
 
Octobre 2003 : deux années de préparation ont été nécessaires à la réalisation du projet d’une exposition itinérante destinée à célébrer les 20 ans du personnage. Le 27 octobre, Le Chat s’expose ouvre ses portes à l’École nationale des beaux-arts à Paris. Pour la première fois de son histoire, cette vénérable institution s’ouvre à la BD. Geluck se blesse et accueille les visiteurs avec la main bandée. Lors du vernissage, Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture le fait Chevalier des Arts et des Lettres. Plus de 100.000 personnes visitent l’exposition jusqu’au 9 janvier 2004. L’exposition se déplacera ensuite à Bruxelles, à l’Autoworld, où elle accueillera 140.000 visiteurs entre le 6 février et le 30 mai. A la même période paraît le douzième album du Chat : Et vous, Chat va ?  ainsi qu’un très beau et très complet Catalogue de l’exposition.
 
Fin juin 2004, le Chat pose ses valises à Bordeaux ; plus tard à Rennes et à la Charité-sur-Loire. Là aussi, le succès est au rendez-vous.
 
Octobre 2004 voit la sortie du DVD Une Vie de Chat  qui nous offre un portrait de l’artiste par Philippe Alfonsi, son parcours, ses meilleurs sketches d’Un peu de tout, la visite commentée par l’artiste de l’exposition et, en bonus, plus d’une heure de dessins, making of, sketches, mur vidéo...
 
En mars 2008, le Chat a 25 ans et le Salon du livre de Paris propose à l’auteur d’occuper les 300m2 de l’Univers d’un créateur, où Geluck met sur pied une nouvelle exposition constituée de 60 toiles acryliques inédites.
 
Au même moment, le magazine Télérama lui consacre un Hors-série de 100 pages.
 
En 2008 également, sortie de La Mathématique du Chat de Daniel Justens, et Le Chat sonne toujours deux fois, mini-album sur les timbres et la correspondance.
 
En juillet 2008, le dessinateur Siné est honteusement viré de Charlie Hebdo par Philippe Val. En août, il décide, avec sa femme Catherine, de lancer son propre journal : Siné Hebdo. Les Siné proposent à Philippe de les rejoindre, ce qu’il accepte. De septembre 2008 à mai 2010 Geluck publie des dessins particulièrement décapants sous le titre Geluck se lâche. C’est sous le même titre que Philippe Geluck sortira en 2009 chez Casterman un recueil de textes et dessins impolis. Le 1er mai 2010, Siné Hebdo sort son 86è et dernier numéro.
 
2009 est une année très active sur bien des plans : en plus de sa carrière de dessinateur, Philippe Geluck se fait scénariste et auteur de dialogues pour l’album qu’il publie en collaboration avec Devig, Alerte sur Fangataufa. À la télévision, Geluck rejoint son ami Jacques Mercier pour une brève émission quotidienne, Monsieur Dictionnaire. L’artiste ne chôme pas : à Paris, il expose à la galerie Pascal Lansberg, à Barcelone, à la galerie Cortina. Aux Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles, on retrouve ses œuvres dans la grande rétrospective Regards croisés sur la BD belge. Le 16 novembre 2009, Sa Majesté le Roi Albert II remet à Philippe Geluck le titre de Commandeur de l’Ordre de la Couronne « pour avoir donné de la joie et apporté la bonne humeur... ». Sacré Albert II !
 
Les Éditions Casterman ont récemment publié un coffret intitulé Tout le Chat, reprenant les 14 premiers albums du Chat en 7 doubles volumes de petit format, enrichis d’inédits. Les albums du Chat ont été traduits en plusieurs langues (dont le dialecte bruxellois, breton et
ch’ti). On peut retrouver le Chat dans la presse française, portugaise, allemande, suisse, hollandaise, italienne, américaine et iranienne.
 

Bibliographie